En dépit des trois précédentes épreuves à Astana, à Cali et à Pékin, il faut bien avouer que cela fait maintenant des mois que l’on avait compris que la véritable bagarre entre les cadors de la piste débuterait lors de la dernière manche de la Coupe du Monde, et pour cause.
En proposant de clôturer la Coupe du Monde 2011/2012 sur l’anneau olympique londonien, les organisateurs savaient bien entendu que le week-end de compétitions ferait office de première répétition générale avant l’affrontement final olympique.
Si les plateaux des précédentes manches furent plus ou moins relevés en raison de l’absence chronique des meilleurs pistards mondiaux, on s’attendait au grand retour des prétendants lors de cette épreuve londonienne. Parmi eux, Grégory Baugé était évidemment très attendu après sa suspension pour non-localisation et la perte de ses médailles glanées au championnat du monde.
En leader, Chris Hoy réalise ainsi le doublé sur les épreuves de sprint en s’adjugeant à la fois le keirin et la vitesse. Sur le keirin, l’Ecossais a écœuré tous ses opposants, remportant l’épreuve devant l’Allemand Enders et le Français Michael Bourgain.
Hoy s’adjuge au passage la Coupe du Monde devant le tricolore François Pervis, absent à Londres. Une victoire finale qui laissera un goût d’autant plus amer au Français alors que les deux coureurs finissent à égalité de points, Hoy remportant le classement du fait de ses meilleures places manche par manche (deux fois victorieux du keirin, à Londres et à Astana).
Pas rassasié par le keirin, Chris Hoy remporte également l’épreuve de vitesse, en battant au passage Grégory Baugé en quart de finale. Si seule la photo finish a pu départager les deux épouvantails du sprint, il est sûr que la victoire du Britannique est une première banderille plantée dans le moral du Guadeloupéen qui n’a certainement pas besoin de cela en ce moment. Chris Hoy s’impose donc en vitesse individuelle devant les deux Allemands Levy et Förstemann qu’il a battus sèchement en demi-finale et en finale. Kévin Sireau termine quant à lui quatrième.
En vitesse par équipes, Hoy a dû en revanche s’incliner avec l’équipe Britannique devant la team allemande (Enders,
Förstemman, Levy) et les Français (Baugé, D’Almeida, Sireau). Sur l’épreuve olympique de l’omnium, le jeune espoir Bryan Coquard s’adjuge finalement la Coupe du Monde, malgré une mauvaise 5e place sur l’anneau londonien. S’il est dans un bon jour, on peut légitimement espéré que le Français ramène une médaille olympique en août. Il devra notamment lutter contre le Colombien Juan Esteban Arango, encore impressionnant ce week-end après sa performance de Cali. Côté français, c’est donc la seule satisfaction hormis l’honorable mais vaine seconde place de Mickaël d’Almeida sur le kilomètre.
Du côté des Françaises, les choses sont encore pires, aucune de nos tricolores n’ayant pu monter sur un podium.
Clara Sanchez et Sandie Clair ont disparu dès les huitièmes de finale de la vitesse individuelle, alors que Pascale Jeuland termine seulement 12e de l’omnium.
Les grandes gagnantes du week-end anglais sont en revanche la chinoise Guo Shuang et l’équipe féminine britannique. Après avoir tout raflé à Pékin, la sprinteuse chinoise remporte à nouveau la vitesse individuelle, se classe 3e du keirin et 3e de la vitesse par équipes (avec sa compatriote Gong Jinjie), épreuve que les Britanniques ont… survolé ! La paire Victoria Pendleton et Jessica Varnish s’est ainsi payée le luxe de battre le record du monde de l’épreuve, en 32,754 secondes. Les bonnes nouvelles n’arrivant jamais seules, l’équipe de poursuite féminine de l’Albion s’adjuge également la victoire… en établissant aussi un nouveau record du monde !
Pas de doute, donc : à l’issue de cette dernière manche de Coupe du Monde, on commence à y voir un peu plus clair sur les forces en présence.
Les Britanniques, peu impressionnants jusqu’ici, apparaissent en nette progression et rappellent à leurs bons souvenirs leurs concurrents : ils seront difficiles à accrocher à domicile, notamment en vitesse.
Si elle maintient ce niveau de forme, Guo Shuang devrait également faire briller les couleurs de la Chine quatre ans après les Jeux de Pékin.
Côté français, l’incertitude est de mise : chez les femmes, on a du mal à voir émerger des championnes affirmées, capables de bousculer la hiérarchie.
Chez les hommes, on reste dubitatif : Grégory Baugé demeure sans nul doute le monstre physique qu’il a été ces dernières années. Comment va-t-il toutefois rebondir après le retrait de ses titres ? Son niveau en août aura un impact également sur les résultats de l’équipe de France en vitesse par équipes, même si l’on connaît le réservoir français dans le domaine.
Enfin, s’il est permis de douter qu’un français puisse accrocher une breloque en or sur le keirin, on peut espérer que Bryan Coquard, malgré son jeune âge, puisse d’ores et déjà marquer de son empreinte l’omnium. Il lui faudra pour cela gommer ses faiblesses sur ses points faibles, les épreuves de la deuxième journée (poursuite, scratch, kilomètre).
La suite de l’histoire aura lieu du 4 au 8 avril 2012 à Melbourne, pour des championnats du monde en guise d’apéritif pré-JO.
Les vainqueurs de la Coupe du Monde de cyclisme sur piste 2011-2012
Vitesse par équipes masculine : Allemagne
Poursuite par équipes masculine : Australie
Kilomètre masculin : Steven Van Velthooven (Nouvelle-Zélande)
Vitesse masculine : Chris Hoy (Grande-Bretagne)
Keirin masculin : Chris Hoy (Grande-Bretagne)
Course aux points masculine : Unai Ellioraga (Espagne)
Omnium masculin : Bryan Coquard (France)
Vitesse par équipes féminine : Chine
Poursuite par équipes féminine : Grande-Bretagne
Poursuite individuelle féminine : Alison Shanks (Nouvelle-Zélande)
Vitesse individuelle féminine : Shuang Guo (Chine)
Scratch féminin : Kelly Druyts (Belgique)
Keirin féminin : Simona Krupeckaite (Lituanie)
Omnium féminin : Huang Li (Chine)
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