Après les opus d’Astana et de Cali, c’était au tour de la Chine d’accueillir ce week-end la troisième manche de la coupe du monde de cyclisme sur piste. Sur le vélodrome olympique de Pékin, les pistards se retrouvaient pour l’avant-dernière session de la compétition.
Comme à l’habitude, les manches de Coupe du monde se suivent et ne se ressemblent pas tout à fait en raison du turn-over des coureurs. Si l’on s’attarde sur les noms des participants, cette édition chinoise était un cru plutôt moyen, sans grosse pointure de la discipline.
Côté français, François Pervis, brillant à Cali, et le jeune Charlie Conord étaient alignés dans les épreuves de sprint. Sur les courses d’endurance, Vivien Brisse et Bryan Coquard, présents sur toutes les manches depuis le début de la coupe du monde, étaient quant à eux au départ en compagnie de l'espoir Kévin Labeque. Chez les féminines, Virgine Cueff et Pascale Jeuland représentaient les couleurs tricolores.
Comme à Cali, les Français ont marqué de leur sceau l’épreuve.
Alors que Pervis avait déjà remporté le kilomètre et fini 2e du Keirin en Colombie, le Mayennais s’impose cette fois-ci sur l’épreuve devant le Russe Sergei Borisov. Charlie Conord, grand espoir de la piste française, remporte lui à 22 ans l’épreuve reine de la vitesse individuelle… Une chose est sûre : alors que les nouvelles règles de qualification aux Jeux imposent désormais la présence d’un seul coureur par nation et par discipline, on ne pourra que regretter que les sélectionneurs français ne puissent aligner en vitesse individuelle une triplette composée de Grégory Baugé, Kévin Sireau et Charlie Conord… Si Baugé semble un peu affaibli à cause de la rocambolesque sanction de l’UCI le privant de ses derniers titres mondiaux pour non-localisation, il apparaît toutefois peu probable qu’il ne tienne pas son rang à Londres. En revanche, les places seront chères derrière Kévin Sireau et lui pour obtenir la dernière restante pour l’épreuve de vitesse par équipes. Conord pourrait-il prétendre à une place ? Quoi qu’il en soit l’avenir du sprint français semble radieux...
Dans les disciplines d’endurance, Bryan Coquard, leader du classement UCI de l’omnium, a tenu son rang en
s’adjugeant la seconde place au classement final. Avec ce résultat, le jeune français demeure en tête du classement de la coupe du monde. On pourra juste regretter que le pensionnaire de Vendée U n’est perdu l’épreuve que sur la poursuite individuelle, après avoir maîtrisé comme à son habitude de bout en bout la première journée (vainqueur du tour lancé et de la course par élimination, 6e de la course aux points). Bryan Coquard, en compagnie de Vivien Brisse, a également participé à la course de l’américaine, où les deux coureurs s’adjugent une honorable septième place. Vivien Brisse termine également 7e de la course scratch ; toujours placé, le Français n’arrive toutefois pas pour le moment à rentrer dans le top 3.
Pour ne pas être en reste dans le florilège de bons résultats de la piste masculine française, le jeune Kévin Labeque, 20 ans, s’est offert à Pékin le meilleur résultat de sa carrière en poursuite individuelle. Troisième de l’épreuve, il nous rappelle au bon souvenir des champions français des années 90, Philippe Ermenault et Francis Moreau. Si l’épreuve n’est certes pas olympique, on est en droit d’attendre beaucoup du Marmandais pour les années à venir, sur la poursuite ou les autres épreuves d’endurance.
Chez les féminines, en revanche, les résultats sont plus décevants. Virginie Cueff ne termine que 12e du Keirin, alors que Pascale Jeuland finit 9e de l’omnium.
Enfin, en dehors des Français, ce sont les Russes et les Chinois qui ont marqué les esprits dans une compétition qui sourit donc aux « locaux ». Chez les hommes, la Moscow Track Team remporte la vitesse par équipe devant l’équipe chinoise, alors que l’équipe RusVelo s’adjuge la poursuite individuelle par équipes. Enfin, s’il n’a pas gagné l’épreuve de vitesse, le Russe Denis Dmitriev prend la tête du classement général "coupe du monde" de la spécialité grâce à sa 3e place.
Chez les femmes en individuel, c’est Guo Shuang qui frappe un grand coup en remportant sans trop de résistance les trois épreuves du sprint : vitesse individuelle, vitesse par équipes, keirin. La star asiatique de la vitesse montre là qu’elle sera une sérieuse cliente à Londres.
Rendez-vous donc du 17 au 19 février prochain à Londres pour la dernière manche de la coupe du monde, avec un plateau qui devrait notamment comprendre Grégory Baugé, en repérage pour les Jeux. Des sensations en perspective !
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