calendrier du cycle

Une saison 2012 pleine d’espérances

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Voilà, nous y sommes. Après presque trois mois d’une (trop) longue trêve hivernale le vélo sur route reprendra ses droits le 17 janvier lors du Tour Down Under, désormais traditionnel lever de rideau de la saison cycliste et du calendrier Word Tour. A la suite d’une saison 2011 remarquable, marquée par trois Grands Tours aux scénarios certes différents mais tout aussi haletants, d’une campagne de classique survolée par Philippe Gilbert et de la toute puissance de Mark Cavendish dans les sprints, les attentes d’un excellent cru pour 2012 sont prégnantes.

Qui pour battre Gilbert ?

philippe GilbertDu point de vue des acteurs, ils sont quelques-uns vers qui les projecteurs seront d’emblée braqués. Philippe Gilbert est certainement le premier d’entre eux : après sa formidable saison, la question est bien entendu de savoir si le petit Prince de Wallonie sera capable d’enchaîner une seconde saison à ce niveau. Pour l’y aider, Gilbert bénéficiera du soutien de sa nouvelle équipe BMC, au sein de laquelle il devra toutefois partager la vedette avec Cadel Evans certes, mais surtout avec Thor Hushovd, autre chasseur de classiques patenté : de quoi voir venir pour l’équipe dirigée par John Lelangue en cas de « coup de mou » du coureur belge.

En termes d’objectif, la couleur a d’ores et déjà été annoncée par Philippe Gilbert : les Ardennaises pour y défendre sa triple couronne (Amstel Gold Race, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne Liège), mais bien sûr également les classiques où il n’a pas encore inscrit son nom au palmarès : Milan San Remo, paradis des sprinteurs, et le Tour de Flandres, où la victoire d’un Wallon ne passerait pas inaperçue. Avec la même forme qu’en 2011, on ne voit pas ailleurs pas comment Philippe Gilbert ne serait pas l’un des grands favoris de la course des JO de Londres et des championnats du monde de Valkenburg, aux Pays-Bas. S’il terminait l’année auréolé d’un titre de champion olympique doublé de celui de champion du monde, Gilbert entrerait sans conteste dans la cour des Géants de la petite reine.Face à lui, ils sont plusieurs à pouvoir le faire déjouer : Thor Hushovd, son équipier, n’a jamais paru aussi fort que cesthor Hushovd deux dernières saisons. Leur cohabitation au sein de BMC sera sans nul doute l’une des attractions de l’année en matière de confrontation des egos, même si les deux champions sont réputés pour leur fair-play.

Fabian Cancellara, encore très fort l’an dernier en dépit d’un bilan final plus maigre que les précédentes années, aura certainement à cœur de démontrer qu’il roule toujours sur le haut du pavé. A 31 ans, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher « Spartacus » de jouer à nouveau les premiers rôles dès que la course se durcira, des classiques du printemps jusqu’au route du Tour où il sera un équipier précieux pour les frères Schleck ; avec en prime, pour la cuvée 2012, l’envie de se racheter de ses rageantes places d’honneur de la saison passée. N’oublions pas que le Suisse a terminé en 2011 2e de Milan San Remo, 2e de Paris-Roubaix, 3e du Tour des Flandres et 4e des Championnats du Monde… De quoi nourrir quelques saines ambitions…

Edvald Boasson HagenFace aux trois « vieux », la jeune garde composée d’Edvald Boasson Hagen et de Peter Sagan sera enfin également à surveiller. Eblouissants cette année, le Norvégien et le Slovaque sont l’avenir du cyclisme : ils leur restent toutefois à faire le plus dur en confirmant. Sagan devrait s’aligner sur le Tour et jouer la gagne sur quelques classiques. Boasson Hagen a le potentiel pour tout gagner. Un sérieux candidat pour Gilbert cette année ?

Quel avenir pour les héros de 2011 ?

Du point de vue des outsiders sur les courses d’un jour, on pense d’abord naturellement aux grands « blessés » de l’équipe QuickStep. Après une saison noire, nul doute que le charismatique directeur Patrick Lefévère aura à cœur de montrer que son savoir faire tactique n’est pas émoussé. Il pourra compter pour cela sur Tom Boonen et Sylvain Chavanel, qui, à 30 ans passés, n’auront désormais que peu d’occasions d’enrichir un beau palmarès pour l’un, d’en gagner (enfin) une grande pour l’autre. Il faudra pour cela que les deux courent intelligemment, l’un pour l’autre, et non l’un contre l’autre comme on a pu le ressentir au Tour des Flandres… Derrière eux, le benjamin du World Tour en 2011, Guillaume Van Keirsbulck, frappe déjà à la porte. La progression de ce jeune coureur sera à suivre.

nick nuyensDernière inconnue, enfin, de cette saison 2012 sur les cours d’un jour : que pourront espérer les vainqueurs ou révélations de l’année passée ? Dans cette catégorie se place tout d’abord Nick Nuyens, vainqueur l’an dernier du Tour de Flandres et d’A Travers les Flandres. A 31 ans, le Belge de la Saxo Bank sera l’atout majeur de son directeur sportif Bjarne Riis sur les classiques ; si Nuyens n’était pas considéré jusqu’ici comme une star du peloton, ces régulières places d’honneur dans les classiques ces dernières saisons (Tour des Flandres, Vattenfall Cyclassics, Amstel Gold Race, Het Volk, qu’il a déjà gagné) doivent alerter sur son potentiel. Certainement mieux protégé cette année, son évolution sera à suivre, d’autant qu’il bénéficiera d’un équipier de luxe avec le vétéran néerlandais Karsten Kroon, nouvellement arrivé dans l’équipe danoise. Ils pourraient à eux deux, avec un peu de malice, tirer leurs épingles du jeu dès le printemps.

Si l’on croit moins en revanche moins à la possibilité pour Johan Vansummeren, vainqueur à Roubaix,  et d’Oliver Zaugg,Johnny Hoogerland victorieux du Tour de Lombardie, de réitérer en 2012 de tels exploits, deux autres noms sont à garder en mémoire pour l’année à venir : celui de Johnny Hoogerland, dont on attend que la formidable énergie lui rapporte de glorieux bouquets ; Joaquim Rodriguez, enfin, qui a fait le plein de victoires d’étapes en 2011 (6 au total glanés au Tour du Pays-Basque, au Dauphiné, au Tour de Burgos et au Tour d’Espagne) et qui mériterait d’en gagner une grande au regard de toutes ses places d’honneur.

Un affrontement entre équipes de géants sur les Grands Tours ?

alberto ContadorEn dehors des courses d’un jour, 2012 semble devoir être une année charnière en termes de hiérarchie sur les Grands Tours, et de facto sur l’ensemble des courses à étapes préparatoires. En la matière plusieurs questions se posent. La première d’entre elle est de savoir ce qu’il adviendra d’Alberto Contador cette année : si tant est que le Tribunal Arbitral du Sport le blanchisse dans l’affaire de dopage au Clenbuterol, il s’agira de savoir le programme exact de l’Espagnol sur les grands Tours. Fera-t-il vraiment l’impasse sur le Giro pour se consacrer au Tour, comme il l’a laissé entendre ? Pourra-t-il désormais faire figure d’épouvantail aux yeux de ses concurrents directs ? Le précédent du Tour 2011, laissant entrevoir les failles du Madrilène, confère un avantage psychologique certain à ses adversaires. Le Roi n’est désormais plus imbattable. Face à lui, surtout, vont se dresser une sacrée armada de prétendants. Cadel Evans sera bien sûr le premier d’entre eux. A 34 ans, l’Australien n’a plus beaucoup de temps devant lui pour marquer de son empreinte le palmarès du Giro, du Tour ou de la Vuelta. Il s’élancera pour la gagne en 2012, une fois n’est pas coutume, avec un capital confiance renforcé : cela peut tout changer. Une inconnue demeure pourtant pour Evans, et pas des moindres : malgré les précieuses arrivées de Gilbert et de Hushovd, que vaudra l’équipe BMC sur 3 semaines, notamment face aux mastodontes RadioShack-Nissan, Omega Pharma-Quick Step et Sky ?

Sous la bannière de l’impressionnante Team Radioshack-Nissan, les frères Schleck seront ainsi bien entendu de la partie, avec l’espoir d’enfin réussir l’impossible grâce à la force de leur mollet et, enfin, la puissance d’une stratégie efficace. Ils auront pour se faire un atout majeur : la science de la course de Johan Bruyneel, victorieux de 13 grands Tours comme directeur sportif… C’est bien lui qu’il faudra avant tout suivre chez Radioshack… Epaulés de plus par des équipiers de luxe tels qu’Andreas Klöden, Fabian Cancellara, Haimar Zubeldia ou Yarolsav Popovich, les Luxembourgeois semblent avoir mis toutes les chances de leur côté cette saison.

tony martinsEnfin, s’il n’y en avait qu’un à suivre pour 2012 sur les courses à étapes, c’est Tony Martin. A 26 ans, l’Allemand a fait une saison 2011 pleine (Paris-Nice, Tour de Pékin, Tour de l’Algarve,…) ponctuée d’un titre de champion du monde en contre-la-montre. Il s’affirme comme la relève sur les courses à étapes et le parcours de la Grande Boucle semble taillé pour lui. Il bénéficiera de plus cette année d’une équipe de gala pour juillet. Hormis Sylvain Chavanel et Jérôme Pineau, toujours prêts à se mettre « à la planche », Tony Martin pourrait compter sur l’expérimenté Levi Leipheimer et sur Peter Velits, troisième de la Vuelta en 2010. Il reste à savoir désormais si Tony Martin a acquis a la fois assez d’expérience et de « coffre » pour lutter en haute montagne avec les plus grands. Nul doute que s’il arrive à exploser cette année, le règne de Martin sur les courses de trois semaines pourrait s’avérer long.

On attend, enfin, de revoir à l’œuvre le ticket Bradley Wiggins / Christopher Froome après leurs performances sur la Vuelta en 2011. A eux deux, accompagné en plus d’un Boasson Hagen en franc-tireur, ils pourraient jouer les trouble-fêtes sur les courses à étapes. Il reste toutefois à savoir, en raison de l’arrivée de Mark Cavendish, cet épouvantail absolu des arrivées massives, s’il sera possible d’équilibrer une équipe suffisamment performante pour à la fois jouer la victoire finale et des arrivées au sprint : une dure équation pour les patrons de l’équipe britannique.

Arnaud DemareDu côté des Français, on attendra surtout des confirmations, dans l’espoir de révélations tonitruantes. La confirmation du panache de Thomas Voeckler, bien entendu, avec la secrète attente de le voir se présenter sur les courses à étapes pour la gagne ; celle de Pierre Rolland, évidemment, qui doit désormais montrer qu’il est au niveau de ce qu’il affirme. Les performances de John Gadret, brillant sur le Giro en 2011, et de Jean-Christophe Péraud, grimpeur de poche issu du VTT, seront aussi à suivre. Pour les révélations, on sait déjà qu’il y a beaucoup de talent chez la nouvelle garde. Pêle-mêle, on aimerait voir à l’avant autant que possible Yoann Offredo et photographier sur les podiums Arnaud Démare, victorieux d’un boyau du monstre qu’est devenu Mark Cavendish.

Enfin, puisque cela constitue malheureusement un événement, le retour d’Alejandro Valverde après deux ans de suspension pour dopage intrigue. Les performances de l’Espagnol, ex futur cannibale, seront suivis à la loupe. On ne sait pas s’il faudra en pleurer ou s’en réjouir.

Vivement que cela commence.

Traductions

 

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